Obsèques de Philippe Seguin, Hommage de la Nation à un grand serviteur de l’Etat


Obsèques de Philippe Seguin, Hommage de la Nation à un grand serviteur de l’Etat

Philippe Seguin était un grand serviteur de l’Etat et un fervent républicain. Il est décédé jeudi 7 janvier, à l’âge de 66 ans. Ses obsèques ont été célébrées, hier, aux Invalides par Mgr Vingt-Trois (archevêque de Paris), en présence du Président de la République, du Premier Ministre, des Membres du Gouvernement et des plus hautes autorités civiles et militaires qui ont tenu à rendre un ultime hommage à celui qui aura marqué la vie publique française au cours des trois dernières décennies.

Figure tutélaire du gaullisme social, républicain anticonformiste et pourfendeur du « prêt-à-penser » politique, Philippe Seguin incarnait une tradition forte de la droite française.



Né en Tunisie en 1943, orphelin de père à l’âge d’un an, c’est comme pupille de la Nation qu’il effectue de brillantes études secondaires puis supérieures (lettres, histoire et science politique) avant d’intégrer l’Ecole nationale d’administration (ENA – promotion 1968-1970).

Magistrat de la Cour des Comptes, il fait ses premiers pas en politique à la fin des années 1970 après une courte expérience en cabinets ministériels. Elu député RPR des Vosges en 1978 (il le restera jusqu’en 2002), il approuve l’abolition de la peine de mort en 1981. Elu maire d’Epinal en 1983 (il le restera jusqu’en 1997), il intègre en 1986 le Gouvernement de cohabitation conduit par Jacques Chirac en tant que ministre des Affaires sociales et de l’Emploi. C’est à son instigation que sera supprimée l’autorisation administrative de licencier.

Partisan du « non » au traité de Maastricht en 1992 et principal soutien de Jacques Chirac lors de l’élection présidentielle de 1995 (il est « père », avec le sociologue Emmanuel Todd, du concept de « fracture sociale »), il occupe la présidence de l’Assemblée Nationale de 1993 à 1997, date à laquelle il devient pendant deux ans président du RPR.

Candidat malheureux aux élections municipales de Paris en 2001, il se retire de la vie politique avant d’être nommé en 2004 Premier Président de la Cour des Comptes à la tête de laquelle il conduit une action de tout premier plan.

Mentor de François Fillon et de Henri Guaino, Philippe Seguin sera inhumé, mercredi 13 janvier, dans le caveau familial du cimetière de Banyols-en-forêt dans le Var.